Pourquoi les régimes ne marchent pas ?

Les régimes ne sont pas pensés pour durer

Dans notre quête incessante de bien-être et d’esthétique, le régime alimentaire occupe une place centrale, reflétant un mélange complexe de motivations culturelles et psychologiques. Cette obsession pour la perte de poids, souvent alimentée par les idéaux de beauté et la pression sociale, s’est ancrée dans le quotidien de millions de personnes. Cependant, si les scientifiques s’accordent sur la simplicité du processus de perte: le déficit calorique (consommez moins que vous dépensez), ils sont tout aussi unanimes sur la complexité du maintien.

Ainsi, 80 à 90% des personnes qui font un régime reprennent le poids perdu dans l’année (Source Etude Wing and Phelan, 2005).

tristesse suite à la reprise de poids

Des recherches approfondies mettent en évidence que la perte de poids ne se résume pas à une équation de calories (Elfhag and Rössner, 2005), mais englobe des facteurs psychologiques, environnementaux et biologiques. Cette complexité souligne la nécessité d’adopter des stratégies de perte de poids plus holistiques et personnalisées. Il est important de rappeler que chaque échec de maintien du poids entraîne son lot de conséquences biologiques et psychologiques néfastes pour l’individu (Greaves et al., 2017).

Nous avons voulu partager notre point de vue critique aux principales mécaniques proposées pour que vous puissiez vous engager en connaissance de cause. 

illustration régime yoyo

Le Régime à Points 

Le régime à points, conçu par Weight Watchers et lancé en 1997, incarne une approche structurée de la perte de poids. Chaque aliment se voit attribuer un nombre de points basé sur sa valeur nutritionnelle. Ensuite, chaque personne se voit attribuer un nombre de points en fonction de son profil et peut ainsi consommer son budget points en se référant à la banque de données fournies. Plusieurs études ont montré une perte de poids significative avec ce système (Dansinger et al., 2005). Quelques critiques ont progressivement émergé sur le fait que les points peuvent être utilisés pour consommer une alimentation carencée ou déséquilibrée car le facteur majeur du point reste la quantité calorique.

 

Toutefois, le défaut majeur de cette approche tient dans son principal avantage, la simplicité. Oui, c’est très simple et nul besoin de s’y connaître en nutrition. Mais donc on n’apprend rien ou presque. La phase de maintenance est donc en théorie une utilisation à vie de ce système. En pratique, une majorité de personnes arrêtent et reprennent le système en fonction des fluctuations de leur poids ce qui correspond à la mécanique du yoyo que nous souhaitons éviter. Ce phénomène est dû à la dépendance au système de points dont les fondements sont incompris par leur utilisateurs, ne sachant comment retourner à une alimentation plus intuitive ils se retrouvent démunies. 

 

illustration comptage points

 

Le comptage des calories 

Le principe du comptage des calories, souvent assisté par des applications dédiées, repose sur le suivi de l’apport calorique quotidien. Cette méthode a beaucoup de succès en ce moment grâce aux innovations technologiques qui permettent de facilement analyser une grande quantité de données, certaines applications proposent même de scanner votre assiette. D’autre part, les plus évoluées vous permettent d’ajouter d’augmenter vos calories avec l’exercice physique. Le suivi régulier (monitoring en anglais) est un facteur de perte de poids donc un résultat à court terme est souvent observé.

Cependant, bien que cette méthode puisse sensibiliser à la consommation énergétique, elle présente la même limite de simplicité que précédemment, j’ai une limite, ici calorique, à ne pas dépasser. D’autre part, une obsession des chiffres peut se développer et éclipser l’importance de la qualité nutritionnelle des aliments. L’accent mis sur la qualité nutritionnelle plutôt que sur les calories seules est crucial pour une alimentation équilibrée et saine. De nouveau, le rapport à l’alimentation issue de cette méthodologie ne favorise pas une relation intuitive, n’inclut pas la dimension émotionnelle et environnementale. Or, d’après les auteurs d’une revue récente, il est fondamental pour maintenir son poids d’être convaincu qu’on est capable de le faire (Varkevisser et al., 2019).

 

illustration comptage de calories

 

Les repas livrés et les substituts 

Les options de repas préparés et de substituts de repas gagnent en popularité pour leur commodité mais là encore c’est leur principal avantage perçu qui constitue le défaut majeur. La ou les régimes à points et les compteurs de calories vous donnent tout de même à choisir vos aliments, et pour certains à le préparer, les repas livrés et les substituts sont simplement à consommer. L’éducation alimentaire est par définition absente et l’activité physique indispensable au maintien du poids à long terme est hors sujet. De plus, la qualité nutritionnelle est souvent médiocre et l’apport calorique minime afin d’optimiser les coûts de production desdits aliments.

 

Les scientifiques se sont penchés sur la question de ces méthodes et leurs conclusions sont accablantes. Même en phase de perte de poids c’est globalement inefficace et en phase de maintien c’est encore pire (McEvedy et al., 2017).

 

illustration régimes livrés

 

Les régimes d’exclusion, les monodiètes et autres régimes tendances 

Les régimes d’exclusion surfent assez paradoxalement sur une réputation d’approches plus saines pour la santé. Ici on exclut le gluten, là les produits laitiers, ou encore on adopte l’alimentation de nos ancêtres chasseurs cueilleurs. D’autres solutions plus drastiques recommandent de ne manger qu’une poignée d’aliments pendant quelques jours. Le champ lexical associé comprend souvent la détoxification, le rééquilibrage ou encore le nettoyage.

Ces régimes tiennent à nouveau leur force de persuasion de notre amour pour les explications simples voir simplistes. En réalité l’organisme est un système complexe et merveilleux capable de métaboliser, traiter et réguler la plupart des choses par lui-même à condition qu’on lui donne ce dont il a besoin.

 

Exclure des aliments sans un diagnostic avéré (prise de sang, biopsie) est souvent plus néfaste que bénéfique et surtout on observe une multiplication des exclusions au cours du temps. Ainsi on retrouve des personnes qui ont exclu des dizaines d’aliments et se retrouvent avec une alimentation appauvrie, peu variée et peu engageante. Dans tous les cas, la perte de poids associée est due à la création d’un déficit calorique soit du fait du changement de densité calorique des aliments, soit du fait de la restriction alimentaire ou encore parfois du fait de la lassitude gustative qui réduit les apports.

Des troubles intestinaux type ballonnements et constipation sont souvent à l’origine de ces démarches d’exclusion. Or, il existe des solutions très simples pour solutionner ces troubles: inclure une activité physique régulière, augmenter sa consommation de fruits et légumes et boire suffisamment d’eau. 

 

illustration régime exclusion

 

Mais alors que faire ? 

Si vous avez suivi mon propos, il devient évident que les régimes axés uniquement sur la perte de poids à court terme négligent souvent les aspects cruciaux du mode de vie et des habitudes alimentaires. Un changement durable nécessite une approche plus holistique, intégrant une compréhension approfondie de la nutrition et un engagement envers des habitudes de vie saines. Toutefois, c’est justement la partie complexe de l’équation qui replace toutes les approches sur le même pied d’égalité.

 Notre comportement de santé est profondément ancré en nous, il vient de notre enfance, de notre environnement, de nos croyances. La prise de poids est rarement le fait d’un événement isolé, mise à part pour les grossesses (encore que la vie avec le nouveau venu est un facteur plus volontiers explicatif que la grossesse en elle-même). Maintenir un poids de forme n’est donc pas le résultat d’une pilule, d’un régime miracle ou de 6 semaines de dur labeur, non c’est le résultat d’un questionnement plus profond et plus personnel.

 

Je n’ai jamais été très actif(ve) puis je le devenir? Suis-je capable de me prioriser de temps en temps? Suis-je prêt(e) à cuisiner plus, à découvrir de nouveaux aliments? Suis-je capable d’expliquer ma démarche à mes proches?

En définitive, la solution de perte de poids durable se serait d’embrasser la complexité de notre alimentation, du fonctionnement de notre corps et de comprendre la relation intime que nous établissons avec notre corps et notre santé.

 

Malgré tout, une bonne nouvelle vient émailler ce tableau. Si les approches comptables centrées uniquement sur la balance énergétique (apport/dépense) échouent largement, les sciences humaines et en particulier les thérapies cognitives et comportementales montrent un potentiel très intéressant et efficace sur le long terme (Cooney et al., 2018).

 

Chez ELFY nous pensons que l’approche la plus rationnelle est donc de combiner une perte de poids saine (activité physique et nutrition) à un programme de développement personnel basé sur des méthodes éprouvées de thérapie comportementale. 

 

AUTEUR 

Dr. Kevin Caillaud

Docteur en biologie, spécialiste et passionné de nutrition. Il développement le programme de nutrition ELFY.

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